
Blason de la Ve Province de Bourgogne
À partir du Convent de Kohlo (1772) de la Stricte Observance, une période de rayonnement important s’ouvrit pour cette instance, qui installa en France, en Suisse, au Danemark, en Pologne, en Hongrie et en Russie, alors que l’Italie se voyait intégrée à la VIIIe Province d’Haute Allemagne et la Savoie à la IIe Province d’Auvergne. Le baron Georg August von Weiler (1726-1775) Eq. a Spica Aurea, organisait ensuite en France le « Directoire » de la Réforme, ou « Rectification » du Nord, en trois provinces : Bourgogne, Occitanie et Auvergne, avec pour capitales respectives Strasbourg, Bordeaux et Lyon [1].
En raison de nombreuses incertitudes relatives à la nature de l’Ordre, Ferdinand de Brunswick, (1721-1792), beau-frère du Roi de Prusse, Eq. a Victoria, qui avait été nommé Magnus Superior Ordinis au Convent de Kohlo, proposa en 1778 aux frères français des trois Provinces (Bourgogne, Auvergne, Occitanie), de se réunir en Convent, ce qui immédiatement fut accepté et mis en œuvre par Jean de Turckheim (1749-1824) Eq. a Flumine et Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) Eq. ab Eremo, qui, par lettre circulaire en date du 28 août 1778, annoncèrent la convocation du « Convent des Gaules ». Le 25 novembre de la même année, s’ouvrait donc à Lyon le « Convent des Gaules », étendant son autorité au Prieuré d’Helvétie dépendant de la Ve Province de Bourgogne, et à la toute récente Préfecture du Duché de Savoie installée à Chambéry à laquelle appartenait Joseph de Maistre (1753-1821) Eq. a Floribus [2].

Frédéric-Rodolphe Saltzmann (1744-1821) Eq. ab Hedera
Si l’Helvétie fut d’abord un « Sous-Prieuré » rattaché à la Ve Province de Bourgogne, elle devint, par une décision prise lors du Convent des Gaules, un « Grand Prieuré » indépendant en 1779, à la suite d’une demande formulée lors du Convent par la Préfecture de Zurich représentée par Frédéric-Rodolphe Saltzmann (1744-1821) Eq. ab Hedera [3], et dont il défendit intelligemment la cause[4].

Jean de Turckheim (1749-1824) Eq. a Flumine

Diethelm Lavater (1743-1826), Eq. a b Aesculapio
Un « Concordat » en 1779 fut d’ailleurs signé entre le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie (G.P.I.H.) et la Ve Province, contresigné par Jean de Turckheim, au titre de la Ve Province et Diethelm Lavater (1743-1826), Eq. ab Aesculapio, pour le G.P.I.H., qui stipulait ceci :
« 1°) La Préfecture de Zurich, et la Commanderie de Bâle, qui ont été reconnues Préfectures régulières et légales du S.O. de la Ve Province, au nom du Maître Provincial et des autres Chapitres de la Bourgogne, sont exhortées à se réunir incessamment en présence du commissaire du + Provincial, pour former le Prieuré Helvétique indépendant, conformément aux changements dans la matricule au Convent National de Lyon et pour concourir par ses représentants à l’administration régulière de la Bourgogne. » (Cf. F. Johannis a Flumine Commiss. Burgundiæ / Diethelmus ab Esculapio S.O.E. et Prior magn. in Helvetia).
Comme de partout en France les événements révolutionnaires contraignirent à la mise en sommeil du Régime, et après la Révolution, dès 1793 le Chapitre Provincial de la Ve Province de Bourgogne qui avait été mis en sommeil en raison des troubles générés par la période, quelques Loges reprirent peu à peu leur activité à Besançon à partir de 1800, au point qu’en 1805 une Commanderie put être constituée au sein de la Sincérité et Parfaite Union dans laquelle figuraient les frères Jean de Bry, Eq. a Stella, Daclin, Eq. a Hysopo, et Louis de Raymond, qui décidèrent, le 28 janvier 1808 de réveiller la Ve Province de Bourgogne et son Directoire.
C’est de ce réveil de la Ve Province que surgira l’idée de reformer un nouveau « Grand Directoire National », et surtout de désigner un Grand Maître du Régime Rectifié pour la France. Sollicités, Salzmann et Turckheim déclinèrent l’invitation qui leur était faite au motif qu’ils ne voulaient en rien avoir à se compromettre avec le pouvoir politique napoléonien alors au sommet de son triomphe après le « Traité de Tilsitt » signé en secret en juillet 1807 entre le Tsar Alexandre Ier et l’empereur. La Province de Bourgogne, de son propre chef, prit alors l’initiative de se placer sous l’autorité du Grand Maître du Grand-Orient, Jean-Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824), qui avait d’ailleurs était nommé à cette fonction par Napoléon en 1806 en suppléance de Joseph Bonaparte (1768-1844). Non content d’en rester à cette discutable décision, les membres de la Ve Province s’adressèrent à Willermoz afin qu’il leur transmette les rituels de sorte de pouvoir organiser la vie du Rite. On imagine la réaction de Willermoz, absolument légitime et cohérente au regard des principes du Régime, qui jugea l’attitude illégale et fautive en des termes très sévères :
« Les Frères de Besançon s‘attribuant des pouvoirs suprêmes qu‘ils n‘ont pas et n’ont jamais eus, dépourvus de connaissances nécessaires et se livrant à un zèle aussi indiscret que précipité... [5] »
Quoiqu’il en soit, quelques temps après les conditions de ce réveil quelque peu discutable et qui contraria fort Willermoz, dès 1817, la loge La Sincérité et Parfaite Union, véritable centre directeur de la Ve Province de Bourgogne, cessa ses travaux faute d’un nombre suffisant de Frères, même si de par une volonté de maintenir en fonction le Régime, il avait été décidé, de transférer le siège du Directoire de Besançon à Strasbourg pour en assurer la continuité, ce qui eut lieu le 1er novembre 1816. Cependant, Frédéric Rodolphe Saltzmann ayant rejoint l’Orient éternel en 1821, Jean de Turckheim, âgé et moins enthousiaste vis-à-vis du Régime, démissionnait de sa charge en 1822, et en 1828, les quatre derniers C.B.C.S., qui constituaient le Directoire de la Ve Province, réduite à deux Préfectures, décidaient de cesser les travaux et de remettre leurs archives à la Préfecture de Bâle, qui faisait partie de la Bourgogne, quoique ne pouvant elle-même poursuivre ses activités, les déposa ensuite à la Loge Modestia cum Libertate à l’Orient de Zurich.
La suite est connue sur le plan juridictionnel, c’est-à-dire celui qui importe au regard des règles et principes organisationnels du Régime Rectifié, au XIXe siècle tout d’abord la Préfecture de Bâle, puis celle de Zurich en 1885, cessèrent leurs travaux, amenant, en 1887 la Préfecture de Genève à rester la seule instance dépositaire de la légitimité et de l’autorité sur le Régime Maçonnique Rectifié, Genève devenant alors le « Siège » de l’Ordre en Suisse en tant que « Grand Directoire » de l’Helvétie.
Cependant il est vrai, comme le signala Charles Montchal (1855-1928) qui exerça la charge de Grand Prieur du G.P.I.H. de 1909 à 1919, lorsque la Préfecture de Zurich cessa ses travaux le 8 octobre 1885, au lieu de restituer à Genève, c’est-à-dire aux autorités du G.P.I.H., l’ensemble de ses archives, elle les confia à la loge Modestia cum Libertate : « La Préfecture de Zurich en assuma la garde mais quand elle entra à son tour en sommeil, elle refusa, nous ignorons pour quels motifs supérieurs, de se dessaisir d’un dépôt qui appartient de droit au Grand Prieure d’Helvétie et à son Directoire, et non à une simple Loge bleue [6]. Le « motif supérieur » tenait évidemment au fait qu’un Collège, quoique faible et avec un nombre extrêmement réduit de frères, maintenait secrètement l’existence, non de la Ve Province de Bourgogne – existence assumée depuis 1887 par la seule Préfecture de Genève –, mais d’un établissement relevant de la « classe secrète », ceci malgré la cessation de l’activité juridictionnelle et administrative sur le Régime.
Le Régime Rectifié « réveillé » en France en mars 1935, par les pouvoirs détenus par le G.P.I.H., c’est-à-dire la Préfecture de Genève, permettait un retour dans ses terres, potentiellement, des trois Provinces historiques. Si l’histoire de la IIe Province d’Auvergne est bien renseignée depuis 1935 – la IIIe Province d’Occitanie s’étant mise en sommeil avant la Révolution ne fut « réveillée » quant elle qu’au XXe siècle, exactement en 1974, par Antonin Wast (1901-1973) Eq. ab Institutione, alors Grand Maître et Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules [7] – la Ve Province de Bourgogne resta pour un temps déposée au seul Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie (G.P.I.H.), représenté par l’unique Directoire actif en Helvétie depuis l’abandon des travaux des Préfectures de Bâle et Zurich en 1887, c’est-à-dire la Préfecture de Genève. D’ailleurs en septembre 1979, au Convent International de Zurich, Jean Granger (1919-1995) Eq. a Rosa Mystica, rappelait que Jean Baylot (1912-1976) Eq. a Libertate, par ses efforts, avait restitué au Grand Prieuré des Gaules, grâce à l’appui de la « Grande Chancellerie de l’Ordre, et du T.R.C. Arnold Gubser, Eques ab Harmonia, la place enviée qu’occupaient les Ile et IIIe Provinces du Régime Écossais Rectifié en 1782 [8] », ceci signifiant le retour en ses terres des possessions provinciales françaises, sans préjuger évidemment de l’incorporation de la Ve Province en sa patrie d’origine, ce qui advint précisément grâce à l’action de Jean Baylot.

Jean Baylot (1912-1976) Eq. A Libertate
Grand Maître National et Grand Prieur du « Grand Prieuré des Gaules »
En effet en 1958, se déroula le « Convent International de Zurich », lors duquel 176 ans après celui de Wilhelmsbad, on envisagea de conférer un nouvel organe central à l’Ordre et de réviser les constitutions originelles afin de les adapter aux nécessités des temps actuels. L’idée d’une Grande Maîtrise Générale fut écartée en raison des difficultés de faisabilité aisément imaginables en cette seconde moitié du XXe siècle, on opta pour la création d’un « Conseil Général de l’Ordre », dont le premier Grand Chancelier fut Arnold Heusser, Eq. a Stella Aurea, auquel succéda ensuite le futur Grand Prieur du G.P.I.H., Arnold Gubser, Eq. a Harmonia. Si la rédaction du « Code général » ne fut jamais achevée en raison des divergences qui apparurent entre les sensibilités respectives du G.P.I.H. et du G.P.D.G., on réaffirma solennellement l’attachement à « l’esprit du christianisme », et le caractère imprescriptible des deux textes fondateurs de l’Ordre rédigés en 1778 lors du Convent des Gaules à Lyon : Le Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées, et le Code Général des Règlements de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, en soulignant dans la nouvelle Constitution dans son article 4 du titre II :
« Art. 4 : Le nombre des Chevaliers le permettant, un Grand Prieuré est érigé par nation, à savoir un seul. Par ailleurs, le même Grand Prieuré peut comprendre des Chevaliers de plusieurs nations [9]. »
De ce fait, à l’enthousiasme général des participants, tous comprirent que venait d’être rétablie, par le « Conseil Général de l’Ordre », une organisation internationale de l’Ordre, ce qui advenait pour la première fois depuis le XVIIIe siècle. On envisagea la création d’un Grand Prieuré en Allemagne de par les contacts établis par le Grand Chancelier Arnold Heusser avec la franc-maçonnerie chrétienne allemande, et d’un Grand Prieuré en Italie.
Deux ans plus tard, en 1960, un autre Convent International eut lieu cette fois à Paris, dont l’objet était la révision de la Charte arrêtée à Zurich en 1958, Jean Baylot expliquant :
« Cette charte de Zurich est-elle satisfaisante et donc est-elle définitive ? Force est de constater que, dès 1960, au Convent international à l’occasion duquel nous avions la joie de les accueillir à Paris, nos Frères suisses la remettaient en question. Pourtant le Statut de Zurich leur conférait une position privilégiée ; au dernier moment, dans un esprit d’extrême libéralisme et pour tenir compte de leurs propres difficultés du moment, on avait admis de substituer au Conseil Général composé de membres des divers pays, un Conseil en majorité suisse, qui, s’il abusait de ses pouvoirs, ce que nous ne voulons pas penser, livrerait la totale direction de l’Ordre au seul Grand Prieuré d’Helvétie. Mais nous savons que les meilleurs freins sont dans la conscience fraternelle plutôt que dans les règlements [10].»
Blason historique du « Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie » (G.P.I.H.)
C’est à l’occasion de ces deux Convents successifs, que Jean Baylot fut tout d’abord reçu en 1958 dans le Collège de Zurich, puis lors du Convent de Paris, installé comme Président d’un Collège Métropolitain qui se mit à fonctionner au sein du Grand Prieuré des Gaules. En conséquence, Jean Baylot décida – eu égard au fait des principes de la classe secrète de la Profession et des prérogatives du Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie, « Genève possédant directement les droits et privilèges d’Auvergne ; et, par l’intermédiaire de Zurich, les archives et les droits de la Bourgogne » [11] -, de restaurer, dans le cadre des Provinces françaises de l’Ordre, et en sa qualité de Grand Maître National et Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules, les prérogatives de la Ve Province de Bourgogne.
Qu’écrivait Jean Baylot au sujet de la légitimité à laquelle il se référait pour réaliser cette réappropriation des prérogatives de la Ve Province de Bourgogne au sein du Grand Prieuré des Gaules ?
Voici la réponse :
« Faut-il apprécier les relations avec le Grand Prieuré d’Helvétie ? En en parlant, nous croyons faire allusion à nous-mêmes. Avec nos Frères suisses, nous avons une collaboration étroite, sans le moindre nuage, la plus petite difficulté. Il ne s’agit pas de Frères d’un autre pays, mais d’une partie de notre propre institution. Notre Grand Chancelier International est là, visiteur aussi affectueux que fidèle. Je ne pense pas qu’il nuance mes propos sinon pour les souligner. Si nous en avions douté, les quatre journées vécues à Lyon, dans l’automne 1973, nous auraient convaincu d’une véritable intégration, désormais ignorante des barrières nationales. Le Congrès de Zurich, en 1958, a créé un véritable Ordre international. La vie quotidienne concourra à rendre sa cohésion toujours plus étroite […] Genève est devenu le Sanctuaire du Rite [12]. »
La Préfecture de Genève qui était depuis le XIXe siècle effectivement le « Sanctuaire » de l’Ordre, regarda avec bienveillance la légitime aspiration de Jean Baylot, ceci étant d’autant plus aisé à admettre et valider comme intention, qu’en réalité – ceci ne figurant évidemment pas en raison de la règle du « secret » propre à la classe de la Profession, dans les ouvrages historiques traitant du Régime Rectifié -, les dirigeants du Grand Prieuré des Gaules étaient membres du « Collège Métropolitain » de Genève, ainsi que du Collège constitué en 1960 par Jean Baylot à Paris, où figurèrent André Moiroux (1899-1962), Eq. a Clemencia, Antonin Wast (1901-1973) Eq. ab Institutione, et Jean Granger (1919-1995) Eq. a Rosa Mystica.

En conséquence, la Ve Province de Bourgogne, qui n’est en rien « le noeud gordien de la légitimité rectifiée », mais une « source vivante » parfaitement située au sein de la transmission authentique du Régime Rectifié issue du « réveil » de 1935, n’a pas à attendre aujourd’hui d’une instance quelconque, dont on se demande bien d’où proviendrait sa douteuse validité, un hypothétique « réveil initiatique authentique » (sic) qui lui ferait prétendument défaut, puisque ce « réveil », comme on le constate, a été déjà réalisé et mis en œuvre il y a de longues décennies.
Ceci explique donc pourquoi c’est en se plaçant dans le cadre de la légitimité juridictionnelle et organisationnelle du « réveil » de l’Ordre en France effectué en mars 1935 par Camille Savoire (1869-1951) Eq. a Fotitudine, grâce aux pouvoirs détenus par le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie, représenté par la Préfecture de Genève, sur la IIe Province d’Auvergne et la Ve Province de Bourgogne, et dans l’héritage de ce qu’entreprit Jean Baylot afin de redonner au Régime Maçonnique Rectifié en France la plénitude de ses prérogatives, que se trouve l’unique manière d’accomplir une vie initiatique conforme aux critères posés par Jean-Baptiste Willermoz au XVIIIe siècle, et non pas en s’égarant dans des reconstructions chimériques de l’Histoire, et des « forgeries » invalides motivées par des ambitions autant dérisoires qu’illusoires.
Notes.
[1] C’est par l’intermédiaire d’un Frère de La Candeur, François-Joseph, comte de Lützelburg qui, de retour de Dresde où il fut reçu dans l’Ordre Intérieur et avait fait la connaissance du baron Georg August von Weiler, que ce dernier eut l’idée de proposer à von Hund de s’appuyer sur la Loge de Strasbourg afin d’introduire la Stricte Observance en France. Ce projet eut l’approbation également de l’ancien Vénérable Maître de la Loge Étrangère de Dresde, Henri, comte de Brühl, Eq. a Cedro, qui séjournait depuis une année à Strasbourg où il s’était affilié à La Candeur. Sur les conseils de Brühl, le 25 juin 1772, La Candeur adressa à Weiler une lettre demandant d’être réunie à la Stricte Observance. Au mois d’août, von Hund répondit à La Candeur que la Ve Province de Bourgogne, était rétablie et communiquait à Strasbourg la Matricule de l’Ordre avec la liste des Préfectures qui la composaient. Par décret du 13 octobre 1772, il nommait le Vénérable Maître de La Candeur, Siegfried Samson, baron de Landsperg, Grand Maître Provincial. Suite à cette décision, von Weiler vint au mois de septembre 1773 installer officiellement le Directoire de la Ve Province à Strasbourg.
[2] C’est dans sa séance du mercredi 25 novembre 1778, que le Convent des Gaules annonça officiellement l’érection de la Commanderie de Chambéry en Préfecture du Duché de Savoie.
[3] Frédéric-Rodolphe Salzmann (ou Saltzmann), fit des études de droit et d’Histoire à Goettingue et noua, de par ses fonctions de direction à la « Librairie académique », des relations avec les milieux ésotériques et philosophiques en Allemagne, en Suisse et en France. Se plongeant dans les arcanes de la théosophie, il y découvrit les écrits de John Pordage (1608-1681), de Jane Leade (1623-1669), de William Law (1686-1761) et de Swedenborg (1688-1772), mais c’est surtout Jacob Boehme (1575-1624) qui devint peu à peu l’objet de son principal intérêt.
[4] C’est dans sa douzième séance, le mercredi 9 décembre 1778, que le Convent des Gaules accepta la proposition de Saltzmann, de « reconnaître l’activité légale du Prieuré d’Helvétie et de consentir à l’indépendance du Directoire Écossais de la Suisse.» (Cf. Actes du Convent National des trois Provinces des Gaules, op. cit.).
[5] J.-B. Willermoz, Lettre aux frères Bernard, Mille et Choix d’Aix, 19 juillet 1808 (Cf. BM de Lyon, ms. 5456).
[6] C. Montchal, Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie Régime Écossais et rectifié, 4e édition revue et corrigée Kundig, 1926, p. 80. Confirmation de la conservation du dépôt : « Les Actes par lesquels le Grand Prieuré de Bourgogne a remis ses pouvoirs (1828) au Gr. Pr. Indépendant d’Helvétie, ainsi que ses archives, sont encore resté en dépôt dans la Loge ‘‘Modestia cum Libertate’’ à Zurich. » (Cf. Fonds Ribaucourt, archives privées).
[7] « En 1935, Camille Savoire, notre premier Grand Prieur, installa le Grand Prieuré des Gaules en Puissance Souveraine; Régente du Rite reprenant les pouvoirs des IIe et IIIe Provinces. » (J. Baylot, Dans la spiritualité de l’Ordre, Les Cahiers Verts n°1, 1970, p. 23.)
[8] J. Granger, Conférence du Grand Maître et Grand Prieur des Gaules, Jean Granger, au Convent international de Zurich, septembre 1979, Les Cahiers Verts n°5, 1980, p. 81.
[9] Constitution de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, arrêtée au Convent Général de Zurich tenu du 12 au 14 septembre 645/1958.
[10] J. Baylot, Dans la spiritualité de l’Ordre, Les Cahiers Verts n°1, 1970, p. 45.
[11] Cf. Fonds Ribaucourt, op.cit.
[12] J. Baylot, op. cit., p. 61 ; 63.

